Soutenance de thèse

Le Lundi, 6. juillet 2026 -
9:00 - 13:00
Salle des Actes, Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 1

Mme Rebeca NARANJO DI MATTIA

Soutiendra lundi 6 juillet 2026 à 9 h

Salle des Actes n° 011 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 1

une thèse de DOCTORAT

Discipline : Études psychanalytiques

Titre de la thèse : Le féminin comme sujet de l'inconscient. Dialogues entre psychanalyse et féminisme, le collectif en question

Composition du jury :

  • M. David BERNARD, Maître de conférences habilité, Université Rennes 2
  • Mme Anne BOURGAIN, Professeure, Université de Montpellier Paul-Valéry, directrice de thèse
  • M. Léandro DE LAJONQUIÈRE, Professeur, Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis
  • M. Patrick MARTIN-MATTERA, Professeur émérite, Université catholique de l’Ouest
  • Mme Lucie RODRIGUES, Maîtresse de conférences, Université de Montpellier Paul-Valéry

Résumé de la thèse :

Cette thèse interroge la tension entre le sujet de la psychanalyse, toujours singulier, et les identités collectives mobilisées par les féminismes. Comment maintenir un dialogue entre psychanalyse et mouvements féministes sans oublier cette tension et sans sacrifier le sujet, dans ce qu’il nous laisse entendre de sa différence, de son positionnement politique et de l’action collective ?

Ce travail se développe en trois temps. D’abord, une mise en perspective historique à la croisée du féminisme et de la psychanalyse, de leurs origines jusqu’aux mouvements contemporains, comme #MeToo, et la pluralisation d’une psychanalyse toujours à venir. Ceci révèle des préoccupations communes autour de la parole et du désir. 

Ensuite, une exploration conceptuelle prête attention au poids de la langue et propose une distinction entre les signifiants : femme, en tant que catégorie et opérateur logique ; féminin, comme position subjective, caractérisée par la logique du pas-tout ; et féminité, comme composition imaginaire avec la norme de genre. Cette distinction permet de développer une topologie du sujet au féminin où celui-ci se définit par sa résistance à toute totalisation symbolique et par sa capacité créatrice. 

Enfin, la dimension politique et collective est pensée à travers le temps logique lacanien (1945). Le collectif ne se fait pas à partir de la fusion et de l’effacement des différences, mais à partir de ces dernières et d’une prise de parole « différée ». Cette thèse propose d’envisager le sujet de la psychanalyse comme le sujet du féminin de par sa structure du pas-tout, sujet divisé et qui échappe à l’universalisation. Ce sujet, telle que la psychanalyse l'a subverti par rapport au sujet des traditions philosophiques ou psychologiques, peut trouver sa place dans les discours militants, à condition d’y risquer sa parole et son acte, en reconnaissant la différence qui le constitue.

Ainsi, à partir de l’éthique psychanalytique impliquant l’un par un de la clinique, notre recherche interroge les discours et l’engagement politique des mouvements féministes, pour soutenir la parole collective sans dissoudre les dires singuliers.

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This thesis examines the tension between the subject of psychoanalysis, which is always singular, and the collective identities mobilised by feminisms. How can we maintain a dialogue between psychoanalysis and feminist movements without forgetting this tension and without sacrificing the subject, in what it allows us to understand about its difference, its political positioning and collective action?
This work is developed in three phases. First, a historical perspective at the intersection of feminism and psychoanalysis, from their origins to contemporary movements such as #MeToo, and the pluralisation of a psychoanalysis that is constantly evolving. This reveals common concerns around discourse and desire. This is followed by a conceptual exploration that highlights the importance of language and proposes a distinction between signifiers: woman, as a category and logical operator; feminine, as a subjective position characterised by the logic of pas-tout; and femininity, as an imaginary composition with the gender norm. This distinction allows us to develop a topology of the feminine subject, defined by its resistance to any symbolic totalisation and by its creative capacity. Finally, the political and collective dimension is considered through Lacanian logical time (1945). The collective is not created through the fusion and erasure of differences, but apart from them and from a “delayed” statement (différance). This thesis proposes to consider the subject of psychoanalysis as the feminine subject due to its not-all structure, a divided subject that eludes universalisation. This subject, subverted from philosophical or psychological traditions, can find its place in militant discourse, provided that it risks its speech and its action, recognising the difference that constitutes it.
Thus, based on psychoanalytic ethics—involving the one-by-one approach of clinical practice—our research questions the discourse and political engagement of feminist movements in order to support collective speech without dissolving singular statements.

Dernière mise à jour : 04/06/2026